Le 11 mai 2020, un lundi matin, le port du masque devenait obligatoire dans le métro parisien. Dans une affluence en net retrait, le paysage du métro semblait se figer, les gens se cacher, la vie brutalement se retirer des dédales souterrains. Plus d’émotion, plus d’histoire, plus de vie à offrir au spectateur : j’ai cessé d’y prendre des photographies. Attendons que ce terne épisode prenne fin.

J’y suis retourné des mois plus tard : haute en couleurs, la vie s’était bel et bien imposée dans le quotidien du métro, sublime banalité.

Les héros étaient toujours là, majestueux. Les émotions restaient vivaces, les postures et les regards trahissaient autant d’histoires. La vie s’engouffrait de nouveau avec force sous la surface de la ville, dévoilant tant de visages de l’Humain. Avait-elle vraiment cessé de le faire ?

Au hasard d’un trajet, c’est la tendresse d’un couple que l’on croise, pris dans notre obsession pour le smartphone. C’est aussi le porte-bonheur que l’on cherche toujours dans une vie qui n’a pas pour autant levé ses difficultés. C’est cette position prostrée dans le coin d’une rame, autant pour s’y cacher que pour s’y réfugier. C’est une élégance toute parisienne qui vient illuminer une rame pour disparaitre à la station suivante… Si des craintes vis-à-vis d’un virus apparaissent encore parfois, ce sont les préoccupations de tous les jours qui dominent. On peut y lire nos espoirs et nos doutes, nos acquis et nos fragilités.
Cette série se veut le témoin de cette beauté du quotidien, un hymne à la beauté des gens qui, à travers une apparente banalité impose avec délicatesse et avec une grande justesse l’image de notre humanité. C’est cette histoire de l’Homme que je suis venu me faire conter dans le métro et que j’essaie, à mon tour, de transmettre.

Elle répond à la série en noir et blanc « Compagnons de voyage » qui, faisant état des collisions entre les foules anonymes du métro et le mobilier urbain, questionnait la part d’humanité du voyage.

Le 16 mai 2022, le masque n’était plus obligatoire dans le métro parisien.


On May 11, 2020, a Monday morning, wearing a mask became mandatory in the Paris metro. While the crowds were down sharply, the landscape of the metro seemed to freeze, people to hide, life suddenly withdrawing from the underground mazes. Less emotion, less history, less life to offer the viewer: I stopped taking photographs there. Let’s wait for this dull episode to end.
I went back months later: colorful, life had indeed imposed itself in the daily life of the metro, sublime banality. Heroes were still there, majestic. Emotions remained alive, postures and looks betrayed so many stories. Life engulfed again with force under the surface of the city, revealing so many faces of the Human. Had it really stopped doing it?
Randomly on a trip, it is the tenderness of a couple that we meet, caught up in our obsession with the smartphone. It is also the lucky charm that we are always looking for in a life that has not yet overcome its difficulties. It is this prostrate position in the corner of a train, as much to hide there as to take refuge there. It is a very Parisian elegance that lights up a train to disappear at the next station… If fears about a virus still sometimes appear, it is everyday concerns that dominate. We can read our hopes and our doubts, our achievements and our weaknesses.
This series wants to be the witness of this beauty of everyday life, a hymn to the beauty of people who, through an apparent banality imposes with delicacy and with great accuracy the image of our humanity. It is our story that I came to listen in the metro and that I try, in turn, to transmit.
It responds to the black and white series “Subway travel companions” which, reporting collisions between the anonymous crowds of the metro and street furniture, questioned the part of humanity travel.
On May 16, 2022, the mask was no longer compulsory in the Parisian metro.

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